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Habilitation À Diriger Des Recherches Year : 2022

Horizons of challenges and reflexivity toxards a geography of risks and the environment

Horizons critiques et réflexifs pour une géographie des risques et de l'environnement

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Abstract

This HDR dissertation brings forward my own research activity dedicated to the study of risks and geography of risk and the environment from a social and political viewpoint. The statements exposed stem from Latin-American fieldworks mainly, as well as from an intellectual trajectory connecting three points: the Americas (both north and south) and Europe. But the statements also deal with broader debates and dialogues. They are part of a globalized science for which the integration of multiple kinds of knowledge is a key issue. The starting point of the dissertation consists in stressing the apparently paradoxical link between multiple efforts for producing scientific knowledge and managing risk on the one hand, and supposedly disappointing results regarding damage records on the other hand. Yet, efforts in knowing and managing better are not pointless at all, however disappointing they might appear at first sight. What would a world with no disaster prevention policies look like? What lessons can we learn from the huge amount of knowledge produced on risks from the mid 20th century on? How to move forward? This dissertation defends the interest of a permanent recursivity in researching. It defends a kind of research informed by what it implies as well as by the many conditions it relies on, in so far as the contexts greatly influence the aims, the characteristics, and the scope of the production of knowledge. This dissertation takes stock of and identifies limits and obstacles that knowledge production has to face, before drawing new horizons for a better integration of research. Part 1 advocates for a more contextual approach. Chapter 1 gives room to a territorial approach of risks (or TAR), based on the notion of territory. TAR embeds risk genesis, but also its study and management, in the dynamics of human settlements, and more specifically, in (both material and immaterial) spatial dimensions of societies. TAR consists in a more classical exercise of geography, about the knowledge of territory. In chapter 2, it facilitates a broader understanding of the environment in geography, in both social and political terms. Chapter 3 takes stock of methodological and epistemological inquiries at stake in chapters 1 and 2. Like in the whole dissertation, reflexivity is a marker of the 3 first chapters. It brings at the forefront the diversity of obstacles to a broader integration of scientific knowledge by itself, and between scientific knowledge and management. Part 2 consists in highlighting limits of knowledge (chapter 4) but also of action (chapter 5). Those limits might apparently contribute to nurture the supposedly paradoxical link between large efforts of knowledge and poor results (mainly regarding disaster prevention and damage). By reviewing the limits of knowledge on risks (either in heuristic, epistemic, methodological or sociological terms), as well as the limits of action (related with material conditions of the management, regulatory but also institutional aspects, lobbies and interested parties, at different and intricated scales), it appears that many of the limits at stake cannot be eluded. On the contrary, they are constitutive parts of risk situations. Some limits of knowledge fall under heuristic dimensions. They depend on knowledge patterns. Other limits are more related with the social conditions of production of knowledge and research activity. This HDR dissertation rather develops horizons to explore to the latter kind of limits. In part 3, chapter 6 offers to reconsider the limits not as dead-ends for the reflection, but rather as critical conditions of knowledge and action. More than putting forward differences (and separating what can be known and done or not), limits envisioned as critical conditions emerge like shared frontiers for knowledge and action. Sorts of fuzzy horizons that can never be reached and are in permanent rearrangement. Those horizons open the door for a critical and reflexive dialogue towards in-depth interdisciplinarity for knowledge. Chapter 7, last and daring statements, explores the opportunity of taking seriously an ethical horizon for research on risks and the environment, either in terms of research activity or regarding its contents. Ethics in research supports today grassroots innovations as well as institutional framings and regulation, which potentially allows for better consideration of the weight of contexts in research. Here is a common feature with the TAR. Drawing on the exploration of a promising ethical horizon for research, this HDR dissertation concludes by highlighting the importance of a research that is fundamentally reflexive. In the production of knowledge and its social scope, the critical role of contextual effects – that have been barely acknowledged until now, if not as secondary aspects – must be acknowledged and reinforced. Research on risks and the environment emerges strengthened from the integration of such connections, links and circulations as the world it belongs to seems to demonstrate a true interest and concern for risk and environment topics.
Ce mémoire d’HDR revient sur une trajectoire de recherche consacrée aux risques et à la géographie des risques et de l’environnement dans une perspective sociale et politique. Les réflexions sont pour l’essentiel tirées de terrains latino-américains et d’une circulation intellectuelle triangulaire reliant les Amériques (nord et sud) et l’Europe. Mais elles dialoguent également avec des débats et expériences plus larges, et s’inscrivent au sein d’une science globalisée où se pose l’enjeu de l’intégration de connaissances plurielles. La question initiale du mémoire réside dans le paradoxe apparent entre les multiples efforts de production de connaissance scientifique comme de gestion des risques d’un côté, et de l’autre leurs résultats prétendus décevants au regard des bilans de dommages. Pourtant, les efforts de connaissance comme de gestion ne sont pas sans effets, aussi décevants puissent-ils paraître en première lecture. Que serait un monde sans politiques de prévention des désastres ? Que tirer de la diversité des connaissances produites sur les risques depuis le milieu du 20ème siècle ? Comment capitaliser ? Ce mémoire s’emploie à démontrer l’intérêt d’une forme de récursivité permanente de la recherche, une recherche informée par ce qu’elle suscite comme par les conditions de son exercice, tant ces effets de contexte pèsent sur le dessin, les caractéristiques, et la portée des connaissances produites. Il dresse un état des lieux, identifie des limites et obstacles à la production de connaissances, avant d’explorer de nouveaux horizons de travail plus intégrés. La partie 1 développe une démarche plus contextuelle. Présentée dans le chapitre 1, l’approche territoriale des risques (ou ATR) est fondée sur le territoire. Elle inscrit la genèse des risques, de leur étude et de leur gestion, dans des dynamiques de peuplement en les articulant aux spatialités (matérielles comme immatérielles) des sociétés, dont les dynamiques du milieu sont évidemment comptables. L’ATR renoue avec un exercice de géographie générale, autour de la connaissance des territoires, et se traduit à l’occasion du chapitre 2 par une compréhension plus largement sociale et politique de l’environnement. Le chapitre 3 revient sur le bilan de ces explorations méthodologiques et épistémologiques. La réflexivité de ce chapitre, à l’image de l’ensemble de la démonstration, amène à considérer la diversité des obstacles à une plus grande intégration à la fois des connaissances scientifiques, et des connaissances avec la gestion. La partie 2 consiste à documenter des limites de la connaissance (chapitre 4) mais aussi de l’action (chapitre 5) dont on peut penser qu’elles contribuent à alimenter l’image d’un paradoxe apparent entre d’importants efforts de connaissance et les résultats (notamment en matière de prévention et de dommages). La mise à plat de limites de la connaissance des risques (heuristiques, épistémiques, méthodologiques, sociologiques) comme de l’action (liées aux conditions matérielles de la gestion, aux aspects règlementaires mais aussi institutionnels, aux lobbies et groupes d’intérêts, à différentes échelles intriquées) montre que nombre de ces limites ne sont pas réductibles. Elles s’avèrent au contraire constitutives des situations de risque. Certaines limites de la connaissance sont d’ordre heuristique. Elles dépendent des dispositifs de connaissance. D’autres limites ont plus trait aux conditions sociales de production de la recherche et des connaissances. Ce mémoire d’HDR se penche plutôt sur une sortie à offrir à ce 2ème registre de limites. C’est l’objet de la partie 3. Dans la dernière partie, le chapitre 6 propose de reconsidérer les limites évoquées non pas comme des impasses, mais plutôt comme des conditions de la connaissance comme de l’action. Plus que des marqueurs d’un partage (une séparation entre ce qu’il est possible ou non de connaître ou de faire), les limites ainsi envisagées opèrent comme des horizons en partage, des confins partagés de la connaissance et de l’action. Les horizons ne sont jamais atteints, et se recomposent en permanence, ouvrant la voie à un dialogue critique et réflexif vers une interdisciplinarité, pour la connaissance, qui ne soit pas de façade. Le chapitre 7, comme une tentative audacieuse, explore enfin les possibilités d’un horizon éthique pris à bras le corps pour une recherche sur les risques et l’environnement. Tant au titre de la pratique de la recherche que pour sa portée, l’éthique de la recherche connaît actuellement des ajustements ponctuels ou plus systémiques, et même règlementaires, qui ouvrent la voie à une plus grande prise en compte des contextes de la recherche. On retrouve le soin qu’attache l’ATR aux conditions sociales de la production et de la valorisation possible des connaissances scientifiques. A travers l’exploration d’un horizon éthique prometteur, ce mémoire d’HDR se clôt en soulignant les vertus d’une recherche fondamentalement réflexive, qui articule étroitement à la production des connaissances et à leur portée sociale des effets de contexte jusque-là peu explicités sinon de manière accessoire. La recherche sur les risques et l’environnement gagne d’autant plus à expliciter les circulations qui la relient aux mondes dans lesquels elle est ancrée que ces mondes témoignent d’un soin, sinon d’un souci particulier apporté à ces thématiques.
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tel-03755103 , version 1 (21-08-2022)

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  • HAL Id : tel-03755103 , version 1

Cite

Julien Rebotier. Horizons critiques et réflexifs pour une géographie des risques et de l'environnement : Des liens qui libèrent?. Géographie. Sorbonne Université, 2022. ⟨tel-03755103⟩
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