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Conference papers

L’incertitude a-t-elle un sexe ? Analyse du rapport à la scolarité et à l’orientation d’élèves de 3ème

Résumé : Les élèves de 3ème se retrouvent face à la nécessité de choisir leur orientation, au milieu d’une offre scolaire complexe et sans toujours la maitriser. Ces élèves ressentent une forte pression dans ce contexte d’incertitude, face à la nécessité de faire des choix qui peuvent être décisifs. Cette communication discutera de la pertinence de la variable de genre dans la gestion de l’incertitude des jeunes face à leur scolarité et leur orientation. Elle s’appuiera sur une recherche/évaluation menée sur l’orientation des élèves de 3èmes et le genre à l’école. Celle-ci a débuté il y a 1 an et demi et se déroule dans 5 collèges des Pyrénées-Atlantiques. Le matériau est pour le moment composé de plus de 700 questionnaires élèves, plus de 400 questionnaires parents et d’une centaine entretiens (acteurs scolaires, élèves, parents). Il s’agira, dans un premier temps, de questionner l’importance du genre face aux résultats et à l’estime de soi scolaire. Les filles ont, en moyenne, de meilleurs résultats mais elles sont plus incertaines quant à leur valeur scolaire, leur jugement et celui des autres. Il ressort nettement de cette enquête qu’elles ont moins confiance en leur valeurs scolaires, qu’elles sont moins nombreuses à penser que les autres ont une opinion positive d’elles et, au contraire, plus nombreuses à affirmer qu’elles se découragent plus vite quand elles ne comprennent pas. Pour ce qui est de leurs résultats, elles ont tendance à les sous-estimer, de façon générale, et encore plus particulièrement quand il s’agit de matières connotées « masculines », à savoir les mathématiques, les sciences et l’EPS. Ces résultats seront mis en perspective avec les positionnements des acteurs scolaires et parents dans l’étiquetage sexué de qualités et de compétences scolaires. Nous verrons, dans un second temps, que malgré de meilleurs résultats, les filles font, en moyenne, des choix d’orientation moins diversifiés et moins axés sur les filières sélectives que ceux des garçons. Elles travaillent pourtant plus activement leur orientation, rencontrent plus souvent le conseiller d’orientation psychologue et en discutent plus avec leur entourage que les garçons. Ces derniers font pourtant des choix plus diversifiés. En classe, à la maison ou dans les loisirs, les garçons semblent avoir plus de liberté et d’autonomie. Les filles, quant à elles, semblent plus subir les normes de genre dans le champ scolaire mais aussi familial, et, du coup, elles paraissent anticiper de façon plus accrue la division sexuée du travail et des rôles familiaux. A ce stade, les normes de sexe semblent plus contraignantes pour les filles, même si elles le sont pour les garçons. Il n’en demeure pas moins que, malgré de meilleurs résultats, ce sont elles qui partent vers des filières de formation et métiers qui ont plus de chances de se révéler précarisants. Enfin, nous réfléchirons au rôle des adultes dans l’orientation, acteurs éducatifs et parents, qui semblent renforcer les appartenances de sexe et qui véhiculent, sans en être conscients, des normes de sexe très précises. C’est tout particulièrement le cas dans l’orientation, pour laquelle les décisions sont la plupart du temps basées sur le choix des élèves (fortement reproductif et sexué). Premiers agents de socialisation différenciée, ce sont aussi eux qui vont souvent, en intervenant ou pas sur les questions d’orientation, valider et légitimer les inégalités de genre.
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https://hal-univ-pau.archives-ouvertes.fr/hal-02396731
Contributor : Evelyne Barthou Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Friday, December 6, 2019 - 10:51:19 AM
Last modification on : Monday, June 27, 2022 - 10:19:39 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02396731, version 1

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Citation

Évelyne Barthou. L’incertitude a-t-elle un sexe ? Analyse du rapport à la scolarité et à l’orientation d’élèves de 3ème. XIXe Congrès de l’AISLF "Penser l’incertain" CR 04 : Sociologie des rapports sociaux de sexe, Association internationale des sociologues de langue française, Jul 2012, Rabat, Maroc. ⟨hal-02396731⟩

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