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La linguistique de Gustave Guillaume : de l’opérativité à la socio-opérativité ?

Résumé : Surtout pour son époque, l’une des caractéristiques les plus originales de la linguistique de Gustave Guillaume est de miser sur l’opérativité, même si elle ne va pas sans ruptures. Elle ne se limite pas à proposer du langage et de son utilisation une représentation étagée : de l’ensemble des phénomènes qui le constituent et de ses modes d’exploitation, elle fait des processus et suggère de les analyser toujours et partout en les rapportant à l’axe de leur construction, lui-même indexé sur du temps. Si ce premier aspect est depuis longtemps admis, il est visiblement moins connu, en revanche, que, malgré son enfermement apparent dans le système et sa genèse, Guillaume a aussi accordé une certaine place non seulement à la nature fatalement interindividuelle du discours, mais aussi à la dimension sociale de la langue en tant que « structurologie regardante » ponctuelle. Certes, il a toujours protesté contre le trop grand cas qui est parfois fait de cette dimension et constamment revendiqué, pour la bonne compréhension du système, la priorité du rapport de l’homme à l’univers sur sa relation avec ses semblables. Néanmoins, et pas seulement pour sa strate sémiologique, il a régulièrement et clairement admis la pression de conditionnements environnementaux sur l’idiomaticité du langage ; il a même fait état de ce que le caractère provisionnel de la langue lui confère un indéniable « hypo-pragmatisme », en grande partie dû à ce qu’elle est avant tout faite pour servir. De toute manière, en dépit de son abstraction, la langue ne saurait rester imperméable à ses exploitations anecdotiques : outre qu’elle en procède, elle s’y ressource en permanence. Assez vite après la disparition du fondateur de la psychomécanique, plusieurs de ses successeurs n’ont pas hésité, chacun à sa manière, chacun avec des préoccupations propres, à exploiter cette dimension fortement anthropogénétique, dans laquelle ils ont trouvé une indéniable ouverture en direction de l’énonciation et d’une appréhension carrément sociohistorique de la langue et du discours. L’objectif de la présente réflexion n’est donc pas de revenir sur ces différents infléchissements plus ou moins importants, mais de rappeler ce qui, dans les écrits publiés de son créateur, peut induire une lecture d’abord anthropo-opérative et partiellement continuiste, mais aussi, sans gauchissement excessif, une lecture socio-opérative de la théorie guillaumienne.
Document type :
Journal articles
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https://hal-univ-pau.archives-ouvertes.fr/hal-02171785
Contributor : Julien Rabaud <>
Submitted on : Wednesday, July 3, 2019 - 10:59:54 AM
Last modification on : Thursday, March 19, 2020 - 5:02:03 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02171785, version 1

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Citation

Francis Tollis. La linguistique de Gustave Guillaume : de l’opérativité à la socio-opérativité ?. Les cahiers de praxématique, Montpellier : Presses universitaires de la Méditerranée, 2006-, 2010, Gustave Guillaume. Opérativité et discours. Le sujet parlant, pp.131-154. ⟨hal-02171785⟩

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