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Journal articles

La fable en tableaux

Résumé : « Le fleuve sans commencement ni fin qu'est la fable, c'est le dit en facettes sans nombre manifesté » 1. Dans son journal, qu'il soit en prose comme Fleuve sans fin ou en vers comme les six tomes de la Liturgie, Robert Marteau cherche davantage à dire un rapport au monde, à partir de sa contemplation, qu'à restituer les détails du quotidien. Ces journaux combinent alors des petits tableaux de nature et des réflexions métaphysiques, souvent associés à une réflexion esthétique basée sur la littérature ou sur la peinture. Très souvent, ces réflexions que je qualifie d' « esthétiques », terme que l'on pourrait discuter, tournent autour d'un terme-clé récurrent dans l'oeuvre poétique : la fable. L'utilisation de l'article défini au singulier en fait un discours de référence universel. Pourtant il me semble intéressant de s'interroger sur ce que ce terme peut avoir de fondateur, de structurant dans l'oeuvre de Robert Marteau. Le terme vient du latin fabula, qui a repris certains sens du grec mythos. Le premier sens très large appelle fable « tout récit de faits imaginaires ». Mais un rétrécissement appelle « la Fable » la mythologie classique gréco-latine. Cet emploi du mot s'établit au cours du XVI e siècle, et surtout usité aux XVII e et XVIII e , et s'efface au XIX e siècle. «Il suppose que l'art et la littérature antiques sont pris comme des modèles et qu'ils reposent sur un ensemble de récits ou de personnages dont l'importance est telle qu'on ne peut les ignorer ; mais d'autre part, il implique qu'on ne croit pas à leur réalité […] et que l'importance de ces êtres fictifs ne peut donc être qu'allégorique ou paradigmatique. » 2 Le troisième sens, le plus répandu fait de la fable un genre littéraire, universellement reconnu. « La fable est d'abord un court récit, en prose ou en vers, à double signification. Il raconte une petite histoire, dont les personnages sont souvent des animaux. » Si La Fontaine s'est imposé comme notre fabuliste national, le genre s'est construit de siècle en siècle, d'Ésope, de Phèdre, à Florian, puis Anouilh au XX e siècle, et s'est imposé par l'intérêt de ses multiples niveaux de lecture, au moins au nombre de deux. Ces trois définitions me paraissent faire résonnance dans l'oeuvre du romancier, poète, et finalement, ai-je envie de dire fabuliste Robert Marteau. Nous montrerons donc que l'oeuvre de Robert Marteau s'inscrit dans la fable, le terme pouvant être lu à plusieurs niveaux de lecture. Je montrerai d'abord comment la poétique de Robert Marteau se revendique de la Fable, puis soulignerai les parentés avec le genre de la fable, pour enfin ouvrir sur une conception picturale et mystique du fabuleux.
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https://hal-univ-pau.archives-ouvertes.fr/hal-02106104
Contributor : Sandrine Bédouret <>
Submitted on : Monday, April 22, 2019 - 4:22:53 PM
Last modification on : Thursday, March 5, 2020 - 7:16:32 PM

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Fable en tableaux Bédouret.pdf
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  • HAL Id : hal-02106104, version 1

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Sandrine Bédouret-Larraburu. La fable en tableaux. La Licorne - Revue de langue et de littérature française, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2015. ⟨hal-02106104⟩

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