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Conference papers

Le retour à la ligne et ses enjeux à la fin du XIXe siècle

Résumé : Le retour à la ligne et ses enjeux poétiques, à la fin du XIX e siècle Étymologiquement, le terme vers provient du latin « versus », de vertere « tourner ». Versus désignait le fait de tourner la charrue au bout du sillon, puis le sillon lui-même. De manière métaphorique, le versus a désigné la ligne d'écriture, puis le vers lui-même. La première définition de vers est donc celle de « retour à la ligne ». Il s'oppose à « ce qui va tout droit », la prose 1. Ces deux catégories ont constitué des critères formels qui ont permis de classer les genres littéraires. Si les premiers romans, notamment ceux de Chrétien de Troyes, sont écrits en vers, de manière à ce qu'ils soient plus facilement mémorisés, le vers apparaît comme un moyen de sophistication de la langue, propre au genre poétique et au théâtre, c'est-à-dire aux genres de performance. Aussi le vers ne peut-il se contenter d'être « retour à la ligne », pour être considéré comme ayant une valeur poétique. D'autres règles finissent par se surimposer : pour qu'un retour à la ligne soit un vers, il faut qu'il soit placé dans un ensemble 2. Il contient un nombre de syllabes déterminé et rime au moins avec un second vers. Le nombre de syllabes peut être variable : on relève des vers français de 1 à 14 syllabes. Mais dès le XVI e siècle, les vers les plus fréquents sont peu nombreux : les vers de sept, de huit, de dix et de douze syllabes. L'oreille ne pouvant saisir d'emblée que huit syllabes 3 , les poètes aménagent une pause au sein du vers long à la moitié du vers, à l'hémistiche. Cette césure est aussi très codifiée, généralement 4/6 pour le décasyllabe, et 6/6 pour l'alexandrin. Ces coupes donnent leur musicalité propre à ces mètres. Cette contribution propose de réfléchir au mécanisme du retour en poétique à deux niveaux : il cherche d'une part à évaluer les enjeux 1-Michèle Aquien, article « vers », Dictionnaire de poétique, Livre de Poche, 1999, p. 723. 2-Benoît de Cornulier, Théorie du vers, Paris, Seuil, 1982, p. 38. 3-Je m'appuie ici sur les travaux de Benoît de Cornulier qui a établi par des études statistiques que l'oreille ne pouvait percevoir qu'une unité de 8 syllabes. Pour des vers plus longs, une césure est nécessaire. « Les vers simples, dont l'équivalence métrique repose essentiellement et directement sur le nombre syllabique total, ne dépassent pour ainsi dire jamais la longueur de huit syllabes, voire une longueur inférieure pour certaines personnes ». Benoît de Cornulier, Art poëtique Notions et problèmes de métrique, Presses Universitaires de Lyon, 1995, p. 71. « L'appellation traditionnelle d'alexandrin pour le 6-6 est meilleure que celle de « dodécasyllabe », puisque le nombre total douze n'est pas perceptible et que les nombres syllabiques perçus et métriques sont ceux des hémistiches ». Ibid., p. 73.
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https://hal-univ-pau.archives-ouvertes.fr/hal-02062581
Contributor : Sandrine Bédouret <>
Submitted on : Saturday, March 9, 2019 - 11:06:54 AM
Last modification on : Friday, January 15, 2021 - 9:22:53 AM
Long-term archiving on: : Monday, June 10, 2019 - 5:27:45 PM

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20-Bedouret Larubu (21-07).pdf
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  • HAL Id : hal-02062581, version 1

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Sandrine Bédouret-Larraburu. Le retour à la ligne et ses enjeux à la fin du XIXe siècle. Le retour : espaces, fractures, transitions, May 2015, Pau, France. pp.249-260. ⟨hal-02062581⟩

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